Les Hauts de Cléo

31 juillet 2013

L'été d'Emilie - Episode 1

(Il m'est venu une idée cette semaine, quitte à tenter d'écrire régulièrement et à poster ici le fruit de mon triturage de clavier, pourquoi ne pas envisager de me soumettre à une mode des plus tendances de ces 10 dernières années: La Série! Et oui! Qui n'a pas son personnage et sa série préférée? Qui ne piaffe pas d'impatience à la fin d'un épisode avec suspens insoutenable à la clef? Qui n'a pas fait cette expérience atroce de regarder d'un œil coupable l'horloge qui indique "qu'il faut aller se coucher car demain on se lève tôt" et puis finalement cède à l'envie et lance un dernier épisode. Juste un dernier. Juste cette fois.

  Sans avoir la prétention de vous tenir en haleine  tel votre feuilleton préféré, je me propose de tenter ici une petite série divertissante pour l'été.)



  AAaaahhhh les vacances!!! Mais qu'est ce qu'on les attend ces vacances tout de même. On a beau de se dire qu'on aura l'occasion de souffler un peu à Noël ou de faire un break de quelques jours au printemps ce n'est pas pareil. Les vacances d'été on les attend depuis la fin de l'été dernier en fait! Emilie est ravie, en vacances depuis la veille elle s'est réservé tout son samedi pour boucler ses préparatifs et sa valise, puis direction la gare d'Austerlitz le soir pour embarquer dans un train de nuit en direction de Bayonne. Ils sont une vieille équipe d'amis à s'offrir ce plaisir chaque année: 2 semaines de location dans une maison sympa avec une piscine. Certains viennent maintenant en couple, d'autres avec le ou la fiancé(e) du moment, et certains avec leur chien et leurs enfants maintenant. C'est toujours 15 jours de bonheur et de détente totale, adieux le responsable du recrutement, l'assistante aux achats, l'agent immobilier, la pigiste et autres responsables de magasin, bienvenue à Miss Paréo, Sir Jeux de cartes, Señora Sangria et Don Barbecue!

  Il est tôt mais il ne va pas falloir trainer, il y a des achats de dernières minutes à faire comme la crème solaire et l'anti-moustique (et oui, quand tout le monde l'a oubliée sauf vous, il vous transforme juste en Dieu auprès de vos amis), réessayer une énième fois un énième maillot (parce qu'Emilie n'en a que 8 pour les vacances et que donc on ne sait jamais), passer donner les clefs à sa voisine pour arroser les plantes et nourrir le chat, et enfin, juste avant de courir vers le train: l'indispensable pédicure... Ah, la pédicure, c'est ce qui fait passer vos pieds de "support pour prendre le métro" à "atouts de séduction extrême". Passer des vacances avec ses vieux pieds du bureau revient à ne pas passer de vacances du tout pour Emilie, et elle se la garde pour la toute fin, pour ne surtout pas l'abimer avant de partir, pour être certaine de voir ses doigts de pieds scintiller à travers l'eau de la piscine.

 La crème et l'anti-moustique c'est réglé en 5 minutes, le maillot aussi, elle en a acheté deux. La voisine se règle moins vite car il faut  écouter ses malheurs et boire son café acre et réchauffé. Enfin, Emilie boucle sa valise, enfile de jolies sandales plates et ferme la porte après une dernière caresse au chat qui s'en sortira très bien ces prochains jours car il ne boit pas de café lui, direction le salon d'esthétique pour la sacro-sainte pédicure. Mais ce samedi le salon est bondé, comme la salle d'attente, Emilie attend tellement de ce moment chaque année qu'elle réserve dans un endroit assez luxueux pour être sure d’être reçue dans un lieu calme et cosy mais cette année on y est pas tout à fait... Plusieurs femmes d'âges différents sont là et personne ne déroge à la règle en ce soir de weekend end estival: toutes sont littéralement vissées à leur smartphone. Ca crie, ça impose, ça se lamente, ça ricane et ça « textote » à tour de pouce, plusieurs femmes restent debout car il n'y a plus de places sur les gros fauteuils pour patienter. Une esthéticienne visiblement harassée par sa journée de travail passe la tête rapidement et ordonne d'un ton péremptoire à ces dames de couper leurs téléphones afin de préserver un instant de calme dans le salon. Toutes s'exécutent. Quand l'une d'entre elles est appelée pour se rendre à son rendez-vous c'est la cohue pour récupérer sa place assise, dans le mouvement Emilie et sa voisine sont bousculées : leurs sacs tombent et se renversent. Accroupies et excédées, elles ramassent leurs affaires et leurs egos ébréchés par l'occasion; crème solaire, anti-moustiques et maillots pour l'une, poudre pour le corps comestible, loup en dentelle et bougie de massage pour l'autre, elles remettent tout précipitamment dans leurs sacs et récupèrent leurs téléphones avec un sourire poli et gêné. Deux jeunes femmes en blouses roses entrent et appellent Emilie et la jeune femme à ses cotés: c'est parti pour le Paradis.

  Une heure de massage, de polissage et de limage. Des couleurs à foisons si bien qu'il est compliqué pour Emilie de se décider finalement pour un vernis argenté saturé de paillettes... Elle a des pieds qui feraient désormais ombrage à une boule à facettes. Une pure merveille! Ses pieds sont doux comme ceux d'un bébé, elle a l'impression d'être visiblement plus légère, comme si on lui avait posé des petites ailes de chaque coté des chevilles en plus de son joli vernis. Elle sort de l’institut, un sourire radieux sur les lèvres, et file embrasser ses parents avant d'embarquer dans le train de 21h54.

Elle s'est choisit une couchette en première, et privative en plus, la grande vie en somme ! Emilie tire le verrou de son alcôve, se met en pyjama et dégaine une thermos de tisane et un bon bouquin, le premier d’une saga d’heroic fantasy, parfait pour débuter les vacances.  Elle s’allonge avec le livre, pose sa tasse sur un rebord et commence à tourner les pages, ça parle d’un petit garçon qui est abandonné par son grand-père au maitre d’écurie d’un château moyenâgeux… Emilie commence à se laisser happer toute entière par la lecture quant un bruit désagréable et récurrent la distrait. Ca vient de son sac à main. Mais bien sur, elle a encore oublié d’éteindre son téléphone et celui-ci vibre de multiples messages et autres mails publicitaires. Agacée, elle pose le livre, fouille nerveusement dans le sac pour attraper le coupable et le punir comme il se doit, pourtant quelque chose lui semble étrange tout de suite : le fond d’écran ! Ce n’est pas le sien ! Ce n’est pas son téléphone ! Le train vient de démarrer et elle se retrouve en pyjama à partir en vacances avec un téléphone qui n’est pas le sien. Ca a du se produire dans le salon de beauté quand elle est tombée avec l’autre jeune femme, elles ont renversé le contenu de leur sac, elles ont du échanger leurs portables sans même s’en rendre compte puisque maintenant tout le monde a l’un des 3 ou 4 modèles à la mode… Quelle plaie ! Il va falloir la contacter, lui donner rendez-vous et bien évidemment passer les vacances sans son téléphone à elle. « Bon, soyons organisées » de dit-elle, dans un premier temps elle vérifie la batterie et le met d’office en charge pour éviter qu’il ne s’éteigne, dans un second temps elle envoie un sms explicatif à son propre numéro en se disant que la femme qui l’a récupéré finira bien par le lire et qu’elles pourront reprendre contact ainsi. Elle attend un instant dans l’espoir d’obtenir une réponse rapide mais rien ne vient. Elle hésite un peu, puis se ressert une tasse de tisane et reprend le fil de sa lecture, le petit garçon du livre vient de se faire un nouvel ami, un chien et il se sent si proche de lui que c’est comme s’il pouvait lui parler et ressentir ce que ressent le chien. Le portable se remet à vibrer. Plusieurs fois d’affilée. Emilie pose son livre et saisi l’appareil pour lire les sms qui viennent d’arriver. Elle manipule l’objet avec autant d’aisance que son propre téléphone et affiche aussitôt les messages qui viennent d’arriver. Ce ne sont pas du tout les réponses qu’elle attendait mais les attentes d’un certain « Grégoire ».

21h45 : « Natachaaaa »

21h52 : « Natacha, tu es en retard. »

21h54 : « Natacha, tu es en retard de 24 minutes »

22h00 : « Natacha, ta fessée risque d’être bien différente ce soir. Il n’est pas correct d’être en retard ainsi sans prévenir »

22h03 : « Natacha, je risque de m’impatienter »

22h08 : « Natacha, retire ta culotte et prends ce foutu métro en vitesse, j’ai d’autres culs à fouetter. »

22h09 : « Natacha. »

  Il est à présent 22h20 et Emilie se sent bien troublée. Elle n’a plus du tout envie de lire les aventures du petit garçon à la cour du Roi, mais elle a terriblement envie de connaitre la suite. Est-ce que Grégoire va finir par appeler ? Est ce que la fameuse Natacha va enfin lui répondre pour qu’elles puissent trouver une façon de fonctionner pendant les vacances ? La vibration du téléphone interrompt ses rêveries et 3 messages s’enchainent :

22h23 : « Natacha, ramène tes fesses chaudes sur ma queue. »

22h24 : « Natacha, la moiteur de tes cuisses et le gout salé de ton con me manquent. »

22h25 : « Natachaaaa, Natachatte. »

 

  C’en est presque aussi gênant qu’émoustillant pour Emilie. Elle se torture le cerveau 20 fois. Doit-elle répondre à Grégoire pour le prévenir que Natacha n’a plus son portable ? Mais en même temps se serait prendre le risque de passer pour… Pour… Pour quoi ? Pour une « voyeuse de textos » ? Enfin, c’est ridicule se dit-elle, on est adultes, non ? Elle prend le téléphone et décide de prévenir Grégoire de  son infortune.

22h31 : « Bonsoir, je suis navrée de vous interrompre de la sorte, Natacha et moi avons malencontreusement échangé nos portables lors d’une bousculade cet après-midi. J’essaye de la contacter, je lui dirai que vous essayer de l’atteindre dès que j’aurai eu de ses nouvelles. Bonne fin de soirée. Emilie. »

  Voila une bonne chose de faite. Elle pose le téléphone et reprend son livre en finissant d’un trait sa tasse. Elle s’en ressert une dernière fois. Il ne se passe même pas 3 minutes avant que le portable ne se remette à vibrer…

22h34 : « Bonsoir Emilie. Quel type de parfum portes-tu ? Capiteux ? Chaud et sucré ? Frais et citronné ? »

*  *  *  *  *

(Natacha va-t-elle finir par envoyer un sms à Emilie ? Emilie va-t-elle se risquer à rentrer dans le jeu de Grégoire ? Comment pourra-t-elle s’endormir profondément après avoir bu autant de tisane ? C’est ce que vous pourrez découvrir dès la semaine prochaine dans un prochain épisode de « l’été d’Emilie » !)

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24 juillet 2013

Une bonne ferrure

( J'ai une tendresse particulière pour cette histoire car elle est tout simplement la première que j'ai écrite. J'espère que vous serez indulgents et que vous m'inonderez de critiques constructives pour ses petites soeurs à venir. Elle est arrivée dans ma tête lors d'une journée particulièrement chaude où seuls les vielles pierres des murs épais savent préserver un peu de frais)

 


Une bonne ferrure

 

 

  Quelle journée splendide ! Il en a mis du temps à venir le soleil cette année, mais aujourd’hui, à déjà 7h30 il illumine les jardins alentours leur offrant un poli dont on n’osait plus rêver. Je mets du temps à ramasser mes affaires et à m’organiser mais c’est sur et certain : une journée pareille c’est une journée idéale pour une promenade à cheval. De toutes façons j’avais prévu de passer à l’écurie pour vérifier si tout allait bien, faire re-ferrer ma jument, vérifier et graisser mon matériel, mais là je vais peut être remettre à plus tard une ou deux corvées pour mieux profiter du soleil et de mon animal favori.

  Je prends quand même ma veste rouge, j’ai un peu peur, on ne sait jamais : et si le temps se gâtait ? Il y a peu de monde dans l’écurie, en plein milieu de la semaine il faut dire que les gens sont ou au travail ou sous la couette, mais rarement aussi matinaux. Moi j’aime monter à la fraiche, les rayons du soleil mais pas supporter leur chaleur.

  Je suis un peu prise de court au final, le temps de sortir mon matériel et de commencer à brosser ma jument l’heure tourne. Il est déjà 10h30. Il fait déjà chaud. Je m'emploie soigneusement à faire reluire la robe argentée de l’animal, à faire voler la poussière en dehors de ses poils, elle commence à retrouver un peu d’éclat lorsque la camionnette du maréchal-ferrant fait crisser ses pneus sur le gravillon du parking. Il ne connait pas bien ma jument, on est nouvelles ici, c'est la deuxième ou troisième fois qu'il va s'occuper de ses pieds. Il descend et se dirige aussitôt vers nous. Son regard est perçant, je ne m'en étais pas fait la réflexion les autres fois. Son sourire est franc et inspire immédiatement la confiance. Je vais à sa rencontre, ça va être vite fait et bien fait, dans une heure maxi je suis prête à partir en forêt:

« -On va se tutoyer, non ?

   -oui se sera plus simple ! »

  On s’embrasse alors comme 2 vieux amis contents de se revoir. Il me demande de déplacer ma bête à l’ombre du château d’eau. Sa peau laiteuse a déjà commencé à se consteller de taches de rousseurs, mise à l’épreuve du soleil récurrent de ces derniers jours. Je m’exécute. Il sort son matériel de travail puis attache son tablier de maréchalerie, fixe les courroies autour de ses cuisses et boucle le ceinturon à sa taille en cherchant du doigt l'encoche qu'il use et re-use plusieurs fois par jour. Il se penche, laisse glisser sa main contre la jambe de ma jument, saisit son pied et commence à retirer les vieux fers. Il tape, il râpe, il prépare, il arrondit les angles, il lime avec concentration la corne et elle se laisse faire avec l’indifférence d’une reine devant qui on se prosterne.

  A genoux devant l’objet de ma passion il est concentré. C'est dur d'adapter le métal aux pieds d'un animal de 450kg. Il fait un soleil de plomb et je ne l'envie en rien de passer sa vie courbé sur les pieds de ces grands indifférents. Nous discutons, de cheval, de projets d’été. Je bois de l’eau et lui tends ma bouteille par compassion. Il me remercie en souriant et la vide d’un trait. La sueur qui perle à son front coule en une fine trace le long de son cou et commence à tacher son T-shirt. C’est à ce moment précis, je crois, que le paysage autour de moi est comme bouleversé. Je suis troublée, je suis brusquement terrassée par un immense désir incontrôlable et irraisonné pour cet homme. La chaleur tapante du soleil n’a plus court, je n’ai plus envie de me promener à cheval, je suis juste captivée par la vision de cet homme en plein labeur.

  Je n’ai jamais ressenti une excitation pareille, si brusque, si inattendue. Je vois ses lèvres bouger puis esquisser un sourire. En fait il me parle. Il me repose la question :

« -Quelque chose ne va pas ?

-   Si, si, pardon, je me sens juste… troublée. La chaleur sans doute.

-  Oui. Sans doute. »

 

On reste une éternité il me semble à nous contempler de la sorte. Puis il me demande d’approcher, il saisit le pied ferré de ma jument et m’explique comment il a su corriger un léger défaut dans la pousse de la corne, je suis penchée au dessus de lui pour observer son travail. Son eau de toilette se mélange aux effluves épicés de sa sueur, le parfum qui se dégage de sa nuque fini de me rendre folle de désir. J’avale une gorgée de salive en fermant les yeux très forts comme pour me détacher de cette emprise. Quand je rouvre les yeux il s’est redressé en face de moi.

« -C’est bon, on a fini, elle est tranquille pour quelques semaines.

  -Parfait, des chaussures d’été pour ma princesse, merci !

  -Il fait trop chaud pour euxà cette heure-ci, tu devrais la rentrer à l’écurie.

  -J’y vais dans un instant, je vais te payer avant.

  -Ok»

 

Je lui donne l’argent, l’embrasse et le remercie pour ses bons soins et lui souhaite un bel été. Je détache la jolie grise et la ramène dans son box tandis qu’elle fait claquer ses nouveaux fers sur la dalle de béton. La pénombre et les murs en vieille pierre gardent précieusement la fraicheur. La tête me tourne moins. Je souffle et bois un peu d’eau. Je flatte son encolure pendant qu’elle va boire un peu, pendant ce temps je m’appuie contre le mur et souris en pensant à l’émoi que la situation a provoqué, surement à cause de la température. C’est surement ça, oui. Je secoue la tête, décide de ne plus y penser et après une dernière gratouille entre les oreilles de la jument je me retourne pour sortir du box. Il est dans l’encadrement de la porte. Il sourit. Mon ventre se fige. Un frisson glacé me parcourt la colonne vertébrale.

  Il me tend la main et me dis de venir

« Viens ! »

 

  J’obéis, je glisse ma main dans la sienne qui est étonnamment fraiche. Mon cœur bat la chamade comme jamais, j’ai les jambes en coton, j’ai urgemment besoin de le suivre mais je m’en sens complètement incapable. Pourtant je fonds mes pas dans les siens, comme envoutée, je le suis. Il emprunte un escaliers au fond de l’écurie qui mène à un grenier plus sombre et plus frais, en haut il me fait passer devant lui et je sens son souffle qui est aussi court et haché que le mien, il m’embrasse dans le cou et alors je ferme les yeux et profite de ce moment. Tout en moi se détend. Plus de gène, plus d’inhibition. Je me retourne et m’adosse au mur, il me regarde un instant puis s’agenouille en glissant lentement sa main le long de ma cuisse vers ma cheville. Il délace ma bottine et la retire ainsi que ma chaussette et défait le scratch qui maintient mon pantalon serré sur ma cheville gauche, je suis surprise de cette précaution alors que je ne pense plus qu’à être contre lui. Quand il se redresse nous nous embrassons. C’est bon comme un orage qui éclaterait pour rafraichir  la journée.

  Je n’y tiens plus, je le repousse et tombe à genoux devant lui, de sa main il retient fermement mes cheveux et mon crâne. J’ouvre son pantalon et le laisse pousser un gémissement de soulagement. Je découvre son sexe et le prends dans ma bouche. Je ferme les yeux et les rouvre aussitôt, plongeant mon regard dans le sien. Enfin nous sommes dans le "vice » du sujet ! La douceur sur ma langue la moindre palpitation, le moindre tressaillement de ses muscles et de ses vaisseaux sanguins sur mes papilles attise mon émotion. Plus je salive plus je le sens céder à l'appel d'un mouvement de va et vient infaillible. Notre respiration n'est plus qu'un ronronnement sourd. De l’autre main il m’invite à me relever d’un geste du pouce sur mon menton. Quand je me redresse, il dégrafe mon pantalon et prend mon visage dans ses mains, il se colle contre moi pour m’embrasser, je sens son désire battre sur la peau moite de mon ventre. Son baiser est doux et ferme à la fois comme son étreinte. J’en veux tellement plus, sa salive, son sexe, ses doigts, il me le faut tout pour moi, tout en moi. Sa main descend vers ma culotte et il glisse ses doigts dans mon intimité, je ne peux feindre que je suis déjà toute prête à le recevoir, que ses efforts ne valent plus la peine je ne suis plus que dans l’attente.

  Il me retourne fermement contre le mur et baisse mon pantalon. Juste ce qu’il faut. Il me prend très facilement. Je gémis de plaisir et de soulagement, j’ai le sentiment d’avoir attendu des journées entières. Il me tient par la taille et de l’autre main il glisse un doigt dans ma bouche, sous l’intensité et la générosité de ses assauts je cède dans ma nuque et ploie les reins pour qu’il puisse profiter pleinement lui aussi de notre union. Une vague de plaisir me transporte, mais l’orgasme est venu trop tôt et il est trop bref pour me contenter :

« -J’en veux plus, ce ne sera pas assez pour moi maintenant !

-Je le sais bien, tu vas voir comme tu vas aimer et comme ça va être bon. »

 

  Il se retire et je ne peux alors m’empêcher de grogner de mécontentement, il me demande de lui faire face et je m’exécute tandis qu’il fait glisser mon pantalon à terre. Sa précaution prise un peu plus tôt de retirer ma bottine lui fait gagner un temps précieux, il retire mon pied et pousse négligemment le reste de mon vêtement vers l’autre jambe. Il dirige son visage vers l’intérieur de mes cuisses et commence à me déguster en silence. Il sait faire et bien faire, il sait parfaitement où me trouver et comment me faire venir, chaque coup de langue est d’une précision remarquable, c’est une attaque imparable, une botte secrète ; je sens mes murailles internes s’effondrer, j’ai le sentiment de fondre dans sa bouche. Il avait bien raison : ma jouissance arrive avec une violente secousse dans le bas de mon dos, c’est si bon que je saisi ses cheveux pour ne pas crier. Il se relève aussitôt et soulève ma jambe pour mieux me reprendre, profitant de mon orgasme pour le prolonger par l’action de ses reins. Il me travaille, me besogne et me lime avec délicatesse et puissance tout à la fois, accrochée à sa nuque, j’ai le souffle court et mes cheveux sont collés sur mon visage, son regard est profond et j’ai le sentiment de respirer uniquement quand sa langue touche la mienne. La chaleur est telle que nous ne tiendront pas très longtemps ainsi c’est certain. Il me caresse les reins, les joues et les seins puis me saisit très fort par la taille, je sais déjà qu’il va plier sous le plaisir, je le regarde avec attention en lui caressant le front.

« -Viens, viens, laisse toi faire, laisse toi aller en moi, aller viens bien ! »

  Il jouit avec autant de force que de surprise, il pensait surement être plus fort que la température… Il me colle au mur avec les 4 ou 5 coups de reins que lui impose son corps sur l’apogée de son plaisir.

On souffle. On se regarde. On se touche le visage avec des gestes tendres en souriant. On se laisse le temps de reprendre nos esprits et une respiration plus calme. On ressemble à 2 anciens morts faim qui ressortent d’un restaurant étoilée. On rit un peu et on finit par se rhabiller. Il me prend par la main pour m’aider à redescendre du grenier. On se souhaite mutuellement une bonne journée avec un grand sourire et il part s’installer au volant de sa camionnette.

  Je vais jeter un œil une dernière fois à ma jument en remettant ma veste rouge. Je regarde ses sabots : une bonne ferrure doit être renouvelée toutes les 6 à 8 semaines.

 

20 juillet 2013

Courir 2 lièvres à la fois

 


(Cette histoire n'est pas la première que j'ai écrite mais je la trouve bien rafraichissante en ce début de canicule où on ne souhaite qu'une seule chose: trouver un endroit sombre et frais pour se mettre à l'abris de la chaleur...)

 

Courir 2 lièvres à la fois

 

  C’est vrai qu’il faut un peu de motivation pour courir ! Il y a des fois on resterait bien au chaud sous un plaid avec une tasse fumante ou bien sur un transat avec une boisson fraiche et colorée dont on fait tinter les glaçons contre le verre. Mais qu’à cela ne tienne, je me suis promis d’aller courir, j’enfile en vitesse un débardeur léger et un short. Quoique cela ne sera peut être pas si simple finalement parce que j’ai du mal à en dégoter un correct dans cette penderie : trop long, trop hiver, trop vieux, trop en dentelle, trop troué… Il en reste bien un mais je le trouve un peu serré. Je le passe quand même. Ca va ce n’est pas dramatique non plus et puis après tout c’est un peu pour ça que je cours aussi : pour ne plus être trop serrée dans mon short ! Allez, on se rassemble, de la musique pour le rythme, de l’eau pour l’effort et je suis partie.

 

  Le plus dur en fait c’est d’atteindre la forêt, une fois sous les arbres il fait moins chaud. On est moins distrait aussi, la musique couvre tous les bruits agréables de l’été mais me permet de rester concentrée, je souffle sur 2 foulées je reprends de l’air sur la troisième, je souffle sur 2 foulées je reprends de l’air sur la troisième, je souffle sur 2 foulées je reprends de l’air sur la troisième... Au bout d’un quart d’heure environ on passe un cap, ce qui était un effort devient alors un jeu puis un plaisir. Je regarde ma montre régulièrement me félicitant de chaque minute supplémentaire, je me fais une guerre à moi toute seule, ma volonté telle David contre le Goliath que sont mes muscles paresseux et endormis. David dégaine alors avec vitesse et précision une musique entrainante et dynamique sur l’IPod : c’est gagné, Goliath disparait et mes jambes s’activent pour finir ma séance dans un sprint final. C’est bon dès qu’on s’arrête. La piqure de rappel d’endorphine intervient presque immédiatement et combinée à l’effet « coussin d’air » de mes chaussures de course j’ai le sentiment de me déplacer sur des nuages quelques instants. J’en profite pour boire, pour souffler et m’étirer bien sur, mais c’est aussi le moment d’apprécier la forêt dans toute sa beauté. Il n’y a pas de bruits civils et industriels dans ce lieu, le chant des oiseaux se mesure uniquement au bruissement des feuilles des grands arbres et des buissons touffus, quelques animaux ponctuent cette mélodie verte par les craquements qu’occasionnent leurs pas sur les branches et les feuilles au sol. Je sors alors du sentier pour m’enfoncer un peu plus dans la fraicheur précieusement conservée par les branches fournies, un tel lieu ça se respecte, ça se respire, ça se hume, et à pleins poumons après une bonne séance de running s’il vous plait ! Je ralentis ma cadence et flâne, décontractée, au milieu de la végétation, je me fais discrète et silencieuse, qui sait, je vais peut-être réussir à apercevoir une jolie biche ou un renard rusé ?

 

  J’ai à peine le temps de penser cette phrase que j’aperçois près d’un bouquet de fougères une très jolie biche et un renard bien rusé… Mais ces deux là sont d’un tout autre genre que la faune de classique du bois. Le jeune homme et la jeune fille sont à une trentaine de mètres de moi, elle est allongée sur leurs vêtements qui leur font désormais un drap de fortune au milieu des fougères, la tête de son amant est cachée entre ses cuisses et les lents tortillages de son corps laissent à penser que le jeune homme maitrise son sujet à l’oral. Je fais un rapide mais néanmoins discret retour arrière et me planque derrière un gros chêne. Je suis un peu perplexe devant la situation : si je rebrousse chemin il est possible que je fasse du bruit et que je les coupe dans leur élan ce qui ne serait vraiment pas prévenant de ma part, d’un autre coté si je reste et que j’attends la fin de leurs ébats pour reprendre mon chemin je prends le risque d’être découverte et de passer pour une voyeuse. Je finis par décider de rester sans bruits, car au final je suis quelqu’un de très prévenant et je m’en voudrais beaucoup d’interrompre un si joli moment. Je reste alors aussi immobile et silencieuse qu’une branche de lierre dos à l’arbre. Mais je ne tiens pas très longtemps. Les soupirs et les râles des deux tourtereaux m’agacent autant qu’ils m’excitent et malgré mes bonnes manières je finis par tourner la tête et regarder derrière l’arbre. Ils sont beaucoup trop absorbés par leur plaisir pour faire attention à moi ; il est en elle à présent et leur cadence s’accélère. Il tente vainement de ralentir le mouvement pour faire durer les choses mais elle ne s’y soumet pas et le réclame d’avantage, et plus rapide, d’une main hardie elle l’encourage en imposant une rythmique à ses coups de reins comme si la caresse seule de ses doigts en avait le pouvoir absolu. Cette bataille perdue d’avance par le garçon me fait prendre conscience de mon trouble à moi car sans m’en rendre vraiment compte je profite de l’étroitesse de mon short pour obtenir une caresse tout à fait personnelle. Le tissu me colle et un léger dandinement de mes cuisses achève d’aiguiser mon intérêt pour la scène. Il serait tout à fait incorrect et contraire à mes bonnes manières de dégrafer mon short et de plonger ma main sous mon slip dans le but de récolter moi aussi ma part du gâteau. Je fais un véritable effort et garde les mains contre le tronc de l’arbre. Je jette de nouveau un œil à la scène, la fille a gagné : le jeune homme a repris un rythme frénétique, ils ne sont plus très loin du pic de leur plaisir et je les quitte des yeux un instant tellement le délicieux supplice que m’impose mon short me gène à conserver le silence. C’est à ce moment là que je le vois, l’autre joggeur, comme moi il porte un short et comme moi il est caché sans bruits derrière un arbre, et comme moi il ne perd pas une miette de la scène. Je suis à la fois amusée et intriguée, depuis combien temps est ce qu’il les observe ? Depuis combien de temps est ce qu’il m’observe ? Les deux amoureux crient tout à coup de bonheur avec force grognements et éclats de plaisir, impossible de leur en tenir rigueur, ils sont persuadés d’être totalement seuls.

 

  On se regarde alors et on se sourit d’un signe de tête mutuel comme le font les sportifs qui se croisent en plein effort.

 

 

foret-charnie

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17 juillet 2013

Un début à tout

 

 

  Le premier message de blog me fait l'effet de "l'angoisse de la page blanche" de l'écrivain. Les même questions reviennent à chaque fois "Vais-je dire un truc interessant 5 minutes?", "Quelqu'un va-t-il me lire un jour?", "Est ce que sur la durée je vais tenir et écrire régulièrement?". Je suis toujours admiratives des propriètaires de blogs animés et vivant, j'ai l'impression qu'avec trois bouts de ficelles ils ont réussi à construire une attraction enivrante où l'on se presse et dont on se refile l'adresse entre amis proches.

  Je me demande alors comment j'en suis venue à écrire une nouvelle érotique... Un peu un pari entre copine, un peu une tentation qui refait surface avec les beaux jours... Il m'apparait en fait que la plupart de nos situations quotidiennes offrent un contexte tout à fait propice à basculer vers une histoire bien plus palpitante. C'est pourquoi à partir de ces petits moments particulièrement communs je m'offre parfois une variante coquine ou bien juste palpitante à mon sens.

Y serez-vous sensibles?

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